
Le lundi 24 novembre 2025, la salle de réunion du PRAPS-2 Mali a accueilli l’atelier de restitution et de validation de l’étude de capitalisation des appuis du PRAPS-Mali au Système d’Alerte Précoce (SAP) aujourd’hui fusionné avec l’observatoire du marché agricole (OMA) pour donner l’Agence de veille et d’Alerte en Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (AVASAN). Cette rencontre, présidée par le Ministère de l’Élevage et de la Pêche, a réuni une vingtaine de participants issus des organisations d’éleveurs, des structures techniques publiques et privées ainsi que des partenaires du projet.
Depuis 2016, le Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel (PRAPS) œuvre à renforcer le SAP en intégrant davantage les réalités pastorales dans les outils de collecte et d’analyse. À travers ses différentes phases, il a poursuivi un objectif central : améliorer la résilience des populations vulnérables vivant dans les zones pastorales et agropastorales.
Afin de documenter ces acquis et d’en mesurer les impacts, le PRAPS-2 Mali a commandité une étude de capitalisation. Celle-ci vise à comprendre les modalités de mise en œuvre, identifier les facteurs de succès et formuler des recommandations pour renforcer durablement le dispositif. L’atelier avait pour double objectif de partager les résultats et de valider officiellement les conclusions de l’étude.
L’étude a mobilisé l’ensemble des acteurs impliqués dans le dispositif national d’alerte précoce : commissions régionales, locales et communales SAP, organisations pastorales, les structures techniques (DNPIA, DNSV) et Unité de Coordination du PRAPS2.
Elle s’est appuyée sur une revue documentaire des activités appuyées par le PRAPS, complétée par la collecte de données sur le terrain via des questionnaires, entretiens et groupes de discussion. Des missions ont été réalisées dans les régions de Ségou, Sikasso et San, suivies d’ateliers d’analyse impliquant les acteurs techniques concernés.
Cette démarche a permis d’identifier les acquis majeurs, les points à améliorer et les recommandations pour renforcer durablement le système.
L’étude confirme que les appuis du PRAPS ont significativement enrichi le SAP grâce à l’intégration d’autres ’indicateurs pastoraux adaptés au pastoralisme : pertes animales, mouvements de bétail, taux de vaccination, mise bas, accès au marché, (pour la première phase) ; le bilan fourrager ; le mouvement du troupeau ; la disponibilité de l’eau d’abreuvement du bétail (eaux souterraines et eaux de surface à usage pastoral) ; la situation zoo-sanitaire / Epidémies ; les termes de l’échange bétail / céréales (pour la deuxième phase). etc.
Renforcement des capacités
Plus de 280 acteurs dont des techniciens, agents du SAP, organisations communautaires ont été formés sur les outils de collecte relative à la sécurité alimentaire formation sur les normes LEGS, la Note d’État Corporel (NEC) et le SIG.
Renforcement du dispositif communautaire
Le projet a permis la mise en place de 70 Systèmes Communautaires d’Alerte Précoce et de Réponse d’Urgence (SCAP-RU) dans la zones ciblées, dotés en outils de communication et accompagnés pour assurer une remontée régulière d’informations collectées.
Appui institutionnel et matériel
Le PRAPS a soutenu 14 ateliers du Cadre Harmonisé, six passages de l’enquête ENSAN et l’élaboration et la mise à jour de plans de contingence. L’appui matériel (véhicules, téléphones, ordinateurs, GPS, imprimantes) a renforcé l’efficacité opérationnelle du SAP.

Kadialy KOÏTÉ, Directeur Général Adjoint de l’AVASAN : « Mon témoignage porte sur l’importance de l’appui du PRAPS à la réalisation de l’enquête nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle (ENSAN). À trois jours du démarrage de la formation des enquêteurs, les fonds n’étaient pas disponibles et nous risquions d’annuler. Après avoir informé le PRAPS, celui-ci a immédiatement mis à disposition les ressources nécessaires. Grâce à cette réactivité, l’enquête a démarré à temps. Cet exemple illustre la qualité du partenariat dans un domaine aussi sensible que la sécurité alimentaire. »
Bourama SIDIBÉ, Directeur Régional par intérim des Productions et Industries Animales : « La formation des formateurs sur les normes et directives pour l’aide d’urgence à l’élevage (LEGS) a renforcé mes compétences en anticipation et gestion des crises, bien au-delà de la formation académique. Les conseils pratiques transmis en gestion du troupeau, constitution de stocks de fourrage, sauvegarde des espaces pastoraux contribuent directement à la résilience des éleveurs. La formation sur la Note d’État Corporel (NEC) était également pertinente, et sa mise à l’échelle a renforcé l’alerte précoce. »
Modibo CAMARA, Directeur Régional des Productions et Industries Animales de San : « Les SCAP-RU ont été bien accueillis par les populations, et les questionnaires étaient régulièrement renseignés. Les échanges avec nos services techniques étaient fréquents pour compléter certaines informations. Malgré l’interruption due à l’insécurité, les contacts sont encore maintenus depuis les sites d’accueil, preuve de l’intérêt et de la pertinence du dispositif. »
Après échanges et contributions des participants, le document de capitalisation a été validé, assorti de recommandations d’amélioration. Il ressort notamment que : “Alors que le PRAPS II arrive au terme de son appui direct au SAP, cette capitalisation offre un recul essentiel pour mesurer l’impact des actions engagées et orienter les efforts futurs. Les acquis obtenus plaident en faveur d’une prise en charge durable du dispositif par l’État et les partenaires, afin de consolider les progrès réalisés et soutenir un pastoralisme plus résilient face aux chocs climatiques, économiques et sécuritaires.”


